Captives, un apiculteur au secours des Yézidies

Dunya Mikhail recueille les témoignages de survivantes du génocide commis par Daech en Irak et en Syrie contre la minorité yézidie. Mais aussi leur sauvetage par un homme extraordinaire au péril de sa vie. Ou quand le pire côtoie le meilleur de l’homme.

Le génocide des Yézidis par Daech

Le yézidisme, ou religion des sept anges, est une religion qui trouve ses racines dans l’Iran antique. Ses adeptes forment une minorité pourchassée par Daech. Ils font l’objet de massacres de la part de l’Etat Islamique en Irak et en Syrie depuis plusieurs années. Des crimes reconnus comme un génocide par Les Nations Unies.

Ce génocide a entraîné l’expulsion, la fuite et l’exil des Yézidis de leurs terres ancestrales du nord de l’Irak, selon un schéma se répétant à l’identique de village en village. Les djihadistes commencent par désigner leurs cibles en inscrivant une lettre sur la porte de leur maison. Puis ils offrent la paix à la famille de la maisonnée contre la remise de l’intégralité de leurs biens et de leurs armes. Ensuite, ils rompent leur promesse : l’argent, les biens et les armes récupérés, ils embarquent des familles entières en séparant les hommes des femmes, des bébés et des personnes âgées. Les hommes sont abattus et jetés dans des fosses. Les vieillards et bébés sont enterrés vivants. Les femmes, elles, sont vendues sur des marchés comme esclaves (appelées sabayas).

Ce sont ces femmes qu’un apiculteur vivant dans le Kurdistan irakien, Abdallah Shrem, véritable héros des temps modernes, s’efforce de sauver une à une des griffes de Daech. La journaliste irakienne Dunya Mikhail, elle-même exilée aux Etats-Unis, a recueilli les témoignages de ce sauveur et de ces femmes rescapées de l’enfer.

Des témoignages essentiels

Captives, paru aux éditions Grasset, a été finaliste du National Book Award. Et quand on lit ces témoignages de femmes vendues, violées, battues, dont la famille a souvent été exécutée sous leurs yeux, on ne peut que saluer leur courage et trembler devant l’horreur dépassant l’entendement qu’elles ont vécue. L’enfer sans nom auquel elles ont survécu. La journaliste et poétesse irakienne a recueilli leurs témoignages et nous les livre bruts, mêlant l’histoire de ces femmes rescapées à celle de son propre exil.

Cet ouvrage est essentiel pour plusieurs raisons :

  • L’auteure met un visage et un nom sur ces femmes qui ont survécu à l’enfer, des femmes qui méritaient à peine le droit de vivre pour l’Etat Islamique.
  • Ces témoignages sont essentiels : pour que le génocide des Yézédies ne tombe pas dans les oubliettes de l’Histoire. Pour que l’Etat Islamique rende compte de ses crimes. Un devoir de mémoire.
  • Car cet ouvrage ne montre pas que la bestialité d’une poignée d’hommes mais aussi l’humanité, la générosité, le courage dont d’autres hommes sont capables. Qu’il s’agisse de ce merveilleux apiculteur, des passeurs, des familles qui ont accepté de secourir ces femmes. Un hommage ô combien mérité.

A lire.

Informations pratiques

Captives, un apiculteur au secours des Yézidies, Dunya Mikhail – Témoignages – éditions Grasset, octobre 20216 272 pages – 20,90€

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