Rentrée littéraire. Gabriële, Anne et Claire Berest

21151537_1730795246948385_841268841253783785_n

Gabriële, Anne et Claire Berest

Editions stock, août 2017

Rentrée littéraire

L’arrière-grand-père d’Anne et Claire Berest n’est autre que Francis Picabia, célèbre peintre de la première moitié du 20ème siècle. Mais qui était Gabriële, sa femme ? Et les deux sœurs de décider d’aller à la rencontre de celle qui demeure à leurs yeux une inconnue. Le portrait fascinant d’une femme hors-normes, à l’intelligence supérieure et d’une liberté totale pour son époque.

 

Gabriële Buffet a 27 ans quand elle rencontre Francis Picabia. Lui est un peintre déjà très connu, ses expositions sont un triomphe. Mais il ne trouve plus de satisfactions dans son travail, sent qu’il a besoin de donner une autre direction à sa peinture, sans identifier laquelle. Gabriële sera sa boussole. Elle est « une femme très cultivée et d’une indépendance d’esprit remarquable : par sa manière de penser et d’agir, elle était très en avance sur son époque et son milieu. » Celle qui avait juré fidélité absolue à la musique et s’y est investie totalement au point d’être la première femme admise comme compositeur à la Schola Cantorum, après ses études au conservatoire national de Paris, met fin à sa carrière lors de sa rencontre avec le peintre. Mais une fin assumée, choisie, car cette femme libre n’aurait en aucun cas subi pareille décision.

Construite pour élaborer et défendre des idées, elle se révèle être le double féminin de Picabia. Et devient sa muse. Plus encore : elle accepte ses jours de solitude, les infidélités de son mari, ses extravagances, son penchant pour l’opium, pour le seul goût de l’art. Pour se mettre non au service de son mari, mais bien davantage : au service d’une révolution artistique. Elle aura une influence libératrice et capitale sur les artistes de son époque. Aimée de Marcel Duchamp, elle forme avec Picabia et lui, un trio sensuel ambigu. Proches d’Appolinaire, de Tristan Tzara, d’Arthur Cravan, de Marie Laurencin ou encore de Picasso, le couple Picabia entend mettre à mal l’art ancien être à l’origine d’un renouveau de la vie artistique.

C’est un portrait passionnant que dressent de cette femme et de ce couple les deux auteurs. « Des monstres de génie, monstres dans ce que cela sous-entend originellement d’absence de normes, d’êtres venus d’ailleurs. » Mais pas seulement. Ce livre, très documenté, offre de surcroît une très belle peinture de ce que fut le foisonnement artistique de ce début du XXème siècle.

 

 

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s